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J. Krishnamurti

Carnets

Traduit de l'anglais par Marie-Bertrande Maroger
et Béatrice Vieme pour l’édition augmentée
© Éditions du Rocher, 1988, 2010.


Gstaad, 22 août 1961  

CE n'était point le fait d'une imagination fantasque ; l'imagination cesse devant la réalité ; l'imagination est dangereuse ; elle n'a pas de valeur convaincante, seul le fait en a. Plaisantes et trompeuses, la fantaisie et l'imagination doivent être totalement rejetées. Il faut comprendre toutes les formes de mythe, de fantaisie, de chimère, et cette compréhension leur enlève leur importance. [...] Qu'est-ce que la méditation devant la réalité! Ce n'est pas elle qui avait suscité cette réalité, rien ne peut la susciter ; elle était là malgré la méditation, n'exigeant qu'un cerveau très sensible, alerte, qui avait arrêté de son gré et facilement son bavardage sur ce qui est logique ou illogique. Le cerveau était devenu très tranquille, voyant, écoutant, sans interpréter ni classifier ; son silence n'était pas l'effet d'une entité ou d'une nécessité. Il était immobile et très éveillé.

Krishnamurti’s Notebook, 1975
(Traduit en français sous le titre Carnets. pp. 92-3)



 ✻ 



SAVOIR et raison sont indispensables pour résoudre des problèmes mécaniques, et sont mécaniques tous les problèmes de la pensée et du sentiment. Pour trouver l'essence il faut refuser le mécanisme de la mémoire, générateur de pensée. Détruire pour poursuivre jusqu'au bout ; cette destruction ne concerne pas les choses extérieures, mais les refuges et résistances psychologiques, les dieux et leurs abris cachés. Sans cette destruction il n'y a pas de voyage possible dans cette profondeur dont l'essence est amour, création, et mort.

J. KRISHNAMURTI
(Traduit de l’anglais.)

Krishnamurti’s Notebook, 1975



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